Quand le chemin de fer desservait Marines

Pendant une soixantaine d’années, un chemin de fer déclaré d’utilité publique en 1883 et 1887, joua un rôle important dans la vie de Marines et de ses habitants en assurant chaque jour le transport des travailleurs et des marchandises et celui des touristes chaque fin de semaine, notamment en été.

La ligne Valmondois à Marines

La ligne Valmondois à Marines

En 1886, la Société Générale des Chemins de Fer Economiques (S. E.) mit en service la première liaison ferroviaire à voie métrique reliant Valmondois à Epiais-Rhus prolongée en 1891 jusqu’à Marines. La guerre de 1914-1918, puis celle de 1939-1945, amenèrent bon nombre de perturbations. Finalement le développement du transport routier en accéléra le processus d’abandon par les usagers et la fermeture intervint en 1949.

a - Section de Valmondois à Épiais-Rhus 
Longueur : 13,188 km - Ouverture à l’exploitation : 14 juin1886.
Fermeture : - marchandises : 1948 - voyageurs : 1er juillet 1949
Déclassement : 20 août 1951.

Un voyage dans la vallée du Sausseron : Valmondois, l’arrêt du Carouge, la halte de La Naze, de Verville, la station de Nesles-la-Vallée, la station de Labbeville, l’arrêt de Brécourt, gare de Vallangoujard, la gare d’Épiais Rhus.

b - Section d’Epiais-Rhus à Marines 
En 1891 cette première section fut prolongée jusqu’à Marines.
Longueur: 9,013 km - Ouverture à l’exploitation : 19 novembre 1891.
Fermeture : - marchandises : 1948 - voyageurs : 1 "’ juillet 1949
Déclassement : 20 août 1951
L’ascension du plateau du Vexin : la gare d’Épiais Rhus, l’arrêt de Berval, de Grisy, la station de Bréancon-Grisy, Gare de Marines près de la ferme de La Lévrière.

Le raccordement avec la Compagnie de l’Ouest : Marines-Chars

La déclaration d’utilité publique fut prononcée le 1er août 1887, mais les travaux furent retardés. De 1901 à 1910 le projet hésita entre différents points de contact : successivement Santeuil , Us, pour finalement retenir Chars. Il fut décidé d’établir un passage à niveau, pour éviter la suppression du chemin des Boeufs. On implanta une gare appelée Marines-halte auprès de la route départementale 915 Pontoise Gisors et la gare de Marines fut dotée d’une voie supplémentaire reliée aux deux voies principales pour l’échange entre les deux réseaux.
Le 12 janvier 1905, le département de Seine-et-Oise concéda cette ligne à la Compagnie des Chemins de Fer de l’Etat, puis la S.N.C.F.

Longueur : 6 km – voie normale - Ouverture à l’exploitation : 17 janvier 1911
Fermeture : - voyageurs : 10 juin 1940 - marchandises : 1951

La ligne quittait Chars par le sud et contournait Marines par le nord. Continuant en tranchée et franchissant par un passage inférieur la route de Neuilly-en-Vexin, la ligne atteignait son terminus par une simple voie en impasse dans la cour voyageurs de la gare de Marines du chemin de fer métrique venant de Valmondois.

L’exploitation de la ligne Valmondois - Marines

 L’exploitation de la ligne Valmondois - Marines

Le trafic se maintint jusqu’en 1914 malgré une baisse notable après l’ouverture de la ligne de Chars
Pendant les hostilités, la pénurie de combustibles obligea la S.E. à ne maintenir que deux A.R. journaliers. Par manque d’approvisionnements l’entretien ne se faisait plus. Les matériels
en souffrirent.
A la fin de la guerre, la ligne pansa ses blessures. La crise économique de l’entre-deux guerres fut néfaste au réseau, et malgré une légère remontée en 1927, l’accélération de la perte du trafic s’amplifia.
En 1933, après avoir étudié l’éventualité d’une desserte par automotrices, il fut décidé d’intercaler parmi les trains existants, quelques A.R. d’autobus, entre Valmondois et Epiais- Rhus mais la chute du trafic persista. Devant la concurrence des réseaux privés d’autobus et celle des voitures particulières, le trafic voyageurs baissa très fortement. La baisse du trafic marchandises s’aggrava en raison du transport par camions et par voie d’eau des charbons et betteraves de la distillerie de Nesle, et de la baisse de production du Moulin d’Epiais-Rhus et des champignonnières.

L’apparition des automotrices et la guerre de 1939-1945

On décida d’assurer le service voyageurs par automotrices, et celui des marchandises par trains à vapeur. En 1940, quatre autorails furent mis en service . Toutefois la pénurie de carburant entraîna rapidement leur immobilisation et le retour à l’exploitation intégrale par les machines à vapeur. Ce n’est qu’en 1946 qu’ils purent à nouveau circuler. Dès lors, les locomotives ne furent plus utilisées qu’à la traction des trains des voyageurs des samedis, dimanches et fêtes où l’on dénombrait souvent 600 voyageurs au train de soirée vers Valmondois.

La suppression de la ligne 

Après la guerre, les autobus ayant fait leur réapparition, les voitures particulières circulant à nouveau, nombreux furent ceux qui délaissèrent le petit train. Les automotrices circulaient presque toujours à moitié de capacité, et chose beaucoup plus grave, le service des marchandises était pratiquement nul. Le déficit ne fit que croître démesurément. La fermeture de la ligne fut effective le 1er juillet 1949. Les cars de la S.E. prenaient le relais et circulaient sur la route parallèle à la voie ferrée. La première ligne à voie métrique de la Compagnie avait vécu.

L’exploitation de la ligne Marines-Chars

Elle s’avéra immédiatement déficitaire et, dès 1920, l’administration des Chemins de Fer de l’Etat demanda au Département la mise en régie intéressée de l’exploitation. L’administration des Chemins de Fer de l’Etat se déchargea sur la Société Générale des Chemins de Fer Economiques de l’exploitation de la ligne, tout en conservant, vis-à-vis du Département, l’entière responsabilité de l’exploitation. Jusqu’en 1939, un certain nombre d’avenants au contrat de concession intervinrent pour améliorer la situation.
Le trafic voyageurs cessa le 10 juin 1940 du fait des événements de guerre sans jamais reprendre. Seul le trafic marchandise fut maintenu. Devant l’augmentation continuelle du déficit, la S.N.C.F. obtint la résiliation de sa concession au 1er janvier 1942. Un traité particulier du 15 février 1946 régla les conditions d’usage en commun de la gare de Chars par la S.N.C.F. et le Département ou son fermier, la S.N.C.F. continuant à fournir des locomotives pour l’exploitation de la ligne dans des conditions fixées en accord avec la S.E. chargée par le Département de cette exploitation.
De 1942 à 1947, les tonnages transportés bien qu’en augmentation restaient au total assez faibles puisqu’ils représentaient à peine la capacité de transport annuelle de deux camions de 10 tonnes et les déficits d’exploitation ont cru constamment.

La suppression 

En 1948, les hausses de tarifs successives n’ayant pas permis de réduire le déficit, la ligne Marines-Chars fut supprimée le 1er mars 1951, par une décision du Conseil général en date 9 janvier 1950.
Voilà plus d’un demi-siècle que la ligne de Valmondois à Marines et celle de Marines à Chars ont cessé d’exister.
                                                                                                                                                                                          
Après une période historique perturbée par deux guerres mondiales lourdes de conséquences, le retour des jours meilleurs vit se renouveler l’évasion toujours plus massive des utilisateurs de la route. Comme tant d’autres, ce chemin de fer, devenu excessivement déficitaire, fut sacrifié. Marines en garde le souvenir avec le bâtiment de la gare qui abrite l’actuelle DDE, le bâtiment de la halte qui abrite l’actuel Centre Loisirs et Culture, avec la coulée verte où passait la voie ferrée de Chars, et surtout dans la mémoire de ses plus anciens habitants.      

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